UNITE DE VIE : LOU PRADOU

 

I/ Présentation des locaux :

 

  • Situation générale

 

L’unité de vie Lou «Lou Pradou» se situe au deuxième étage de l’aile droite du bâtiment principal. On y accède par un escalier central ou par un ascenseur.

 

  • Description des locaux

L’unité de vie Lou «Lou Pradou» comporte 12 studios privatifs (11 studios individuels et un studio double). Chaque studio est équipé d’un lit, d’une table de chevet, d’un bureau, d’une chaise, d’un fauteuil, d’un placard mural et d’une salle d’eau avec WC. Les usagers ont la possibilité s’ils le souhaitent de personnaliser leur studio (ameublement, décoration…).

L’unité dispose d’une salle de restauration où sont pris tous les repas. Elle est équipée de tables de deux et quatre places et de claustras qui rendent cet espace plus chaleureux, d’une télévision avec TNT, d’un magnétoscope, d’un lecteur DVD, d’une mini-chaîne Hi-Fi. Cette salle à manger est agencée de façon à permettre les échanges au cours des repas tout en préservant une certaine intimité. Dans cette même pièce se trouve un coin kitchenette avec micro-ondes, évier, lave-vaisselle, four et plaques électriques, réfrigérateur. La salle à manger permet d’accéder directement à un balcon commun aux deux unités de vie de l’étage.

Le bureau de l’équipe éducative se situe entre les deux unités. Il est en commun avec l’autre groupe de l’étage.

 

II/ Mission du personnel d’accompagnement :

 

L’équipe d’accompagnement de jour est composée de 5 ETP dont :

  • 1,50 AMP
  • 1 faisant fonction d’AMP
  • 1,50 ME
  • 1 AS
  •  L’équipe d’accompagnement a plusieurs missions envers les hébergés du foyer de vie. Nous sommes présents pour accompagner, animer et organiser la vie quotidienne des usagers, en collaboration avec ces derniers. Les objectifs de la prise en charge de chacun des résidants doivent tendre vers le développement de leurs capacités de socialisation, d’autonomie, d’intégration et d’insertion en fonction de leurs possibilités. L’éducateur contribue à créer des conditions nécessaires pour que les résidants trouvent les moyens d’être acteurs de leur histoire et de renforcer les liens sociaux et les solidarités dans leur lieu de vie. Nous intervenons tant dans les actes de la vie quotidienne que dans les différentes activités intra ou extra-muros ou au sein des ateliers occupationnels. Afin de répondre aux différents besoins des personnes accueillies nous utilisons divers outils et matériaux mis à disposition par la structure.

    La prise en charge des temps de veille de vingt et une heure trente à sept heures quinze est assurée par des personnels d’accompagnement de nuit AMP ou candidats élèves AMP qui interviennent sur les trois unités de vie du bâtiment.

    Dès leur arrivée les accompagnants de nuit prennent contact avec le personnel de jour afin de prendre connaissance des informations qui pourraient avoir une quelconque incidence quant au déroulement de la nuit. Par la suite, ils effectuent une visite sur l’unité de vie afin de vérifier que tout se passe au mieux. Le personnel de nuit se tient prêt à intervenir auprès de résidants en difficultés si cela est nécessaire.

    Leurs missions lors des nuits est d’assurer la prise en charge des personnes dépendantes et de veiller à leur sécurité. Des rondes régulières sont effectuées toutes les heures. Parfois plus fréquentes lorsqu’il y a une surveillance particulière.

    Les encadrants de nuits peuvent être amenés à encadrer une animation tardive (jeux, films, DVD…), à se rendre dans un studio afin d’aider le résidant à s’exprimer, à lutter contre une angoisse, à le changer en cas d’incontinence ou d’encoprésie ou à lui porter des traitements spécifiques prescrits préalablement par le médecin psychiatre de l’établissement.

    Lorsque les résidants sont couchés, ils veillent à ce qu’ils aient des postures confortables pour un sommeil de qualité et vérifient qu’il n’y ait aucun signe d’agitation et qu’un climat serein soit installé.

    Le matin, le personnel d’accompagnement de nuit assiste à la surveillance et à la guidance pour la prise de douche d’un résidant.

    Un agent de service effectue le ménage sur l’unité de vie quotidiennement à partir de 8h30, et intervient auprès des usagers en leur apportant une aide individualisée dans leur studio. Tous les jours les salles de bains sont nettoyés. Il fait partie intégrante de l’équipe d’accompagnement et à ce titre, il participe aux différentes instances de l’unité (réunions de groupe, projets personnalisés…).

     

    III/ Présentation des personnes accueillies :

     

    L’unité de vie «Lou Pradou» accueille 13 résidants de 50 ans à 65 ans. La moyenne d’âge est de 58,50 ans, soit 57,75 ans pour les femmes et 58,89 ans pour les hommes. L’unité «Lou Pradou» se compose de quatre femmes et neuf hommes. Cette mixité permet une vie en collectivité homogène, afin d’apprendre à vivre ensemble au quotidien selon leurs différences. Cette mixité est bénéfique à chacun.

    Les résidants présentent des déficiences intellectuelles et handicaps mentaux souvent associés à des troubles du caractère et du comportement et auxquels viennent se rajouter des caractéristiques liées au vieillissement.

    Actuellement l’unité de vie «Lou Pradou» accueille une population vieillissante. Il paraît important de donner une définition du terme « vieillissant ». « C’est un processus naturel qui va conduire l’organisme à ne plus assurer son équilibre physiologique, psychiatrique, relationnel, physique. C’est un changement long et complexe qui entraîne un phénomène d’affaiblissement où l’organisme s’abîme. Les individus handicapés n’assimilent pas les signes du vieillissement dans leur identité, ils ne savent pas mettre en relation les changements physiques et psychologiques. Ils ont donc une vision partielle et tronquée du vieillissement. Ces personnes font difficilement la différence entre l’évolution de leurs incapacités et l’altération des fonctions corporelles due à l’âge. Les premiers signes de vieillissement chez les personnes handicapées peuvent apparaître dès 30 ans. Cela peut se manifester par des angoisses exagérées. Des signes plus ponctuels qui font évoquer l’hypothèse du vieillissement de la personne handicapée peuvent être : des changements d’habitude de vie, la recherche du calme, l’isolement discret dans la chambre quand le bruit environnant dépasse un certain seuil, l’apparition de troubles du comportement. Certaines personnes handicapées vieillissantes présentent une capacité à conceptualiser et à verbaliser, exprimer ce qu’elles ressentent et ce qu’elles comprennent de leur vieillesse. Si les personnes handicapées vieillissantes sont stimulées, dans un environnement qui réponde à leurs besoins physiques, psychologiques et sociaux elles pourront longtemps exploiter leurs capacités, et découvrir de nouvelles compétences pour peu qu’elles trouvent l’opportunité de s’ouvrir à d’autres activités, d’autres relations au rythme de leur vieillissement. Ces personnes n’intègrent pas le vieillissement, et la plupart d’entre elles, en raison d’une déficience intellectuelle ne peuvent se projeter dans l’avenir.»

    Tous ont accès au langage verbal. De ce fait la communication est facilitée. Nous pouvons échanger avec les personnes accueillies, travailler avec eux leur projet personnalisé, comprendre leurs attentes, leurs demandes… L’accompagnent doit s’adapter aux limites de chaque individu au niveau de la compréhension et du langage auxquels ils ont accès.

    Les résidants de l’unité du «Lou Pradou» sont autonomes dans leurs déplacements au quotidien. Aucune personne du groupe n’est en fauteuil roulant. Suivant un avis médical, certains sont autorisés à se déplacer seul en société, d’autres ne peuvent sortir qu’en présence d’un éducateur.

    Toutes les personnes bénéficient d’une orientation C.D.A.P.H. « Foyer de Vie ».

    Chaque résidant possède une histoire, un passé et un parcours institutionnel différents : E.S.A.T., centre hospitalier, famille.

     

    1-    Actes de la vie courante

    Les résidants du groupe de l’unité de vie «Lou Pradou» » présentent une relative autonomie en ce qui concerne les actes de la vie quotidienne. Nous pouvons moins parler de développement d’autonomie avec une population vieillissante, que de maintien des acquis. Ainsi notre travail est de mettre tout en œuvre pour maintenir cette « autonomie », ces acquis.

    Les missions sont d’aider et de faire avec le résidant tous les actes du quotidien.

    Nous pouvons parler d’aide partielle vu l’autonomie des résidants de l’unité de vie «Lou Pradou». Tous les actes du quotidien sont réalisés par les résidants (mettre la table, faire le ménage de leur studio, prendre leur douche, s’alimenter sans aide particulière…). Si certains acquis s’affaiblissent du fait du vieillissement des personnes, des nouveaux peuvent émerger. Notre but principal avec cette population est de les maintenir vers le « haut » tant que cela est possible. C’est en stimulant et en ressortant le positif de tous les actes quotidiens réalisés par la population vieillissante accueillie que nous les maintiendrons actifs dans leur quotidien.

    -          La toilette

    Une stimulation et une guidance sont généralement suffisants pour la toilette. Mais nous constatons que nous devons de plus en plus apporter une attention à ce moment-là, et une aide plus spécifique auprès de certaines personnes. Cependant, maintenir leur autonomie dans la toilette est un de nos objectifs principaux.

    Le moment de la douche s’organise de différentes manières selon les résidants. Certains souhaitent se laver avant le repas du soir, d’autres après. Deux résidants se douchent le matin.

    Afin de respecter un cadre de vie dit « normal », les douches ne sont prises qu’à partir de 18h. Une guidance au niveau de l’heure est nécessaire, afin d’avoir un rythme quotidien logique car sans cela certains hébergés se rendraient à la douche très tôt dans l’après-midi.

    Sur l’unité de vie du «Lou Pradou» sept résidants ont besoin d’une guidance dans ce moment-là, du début à la fin. D’autres bénéficient d’une guidance plus ponctuelle afin de s’assurer qu’ils sont toujours autonomes à la douche. Notre mission à ce moment précis est toujours de faire ressortir le positif dans les gestes qu’ils réalisent afin de maintenir le plus longtemps possible leurs acquis dans ces moments d’intimité.

    Le port de tenues vestimentaires adaptées mobilise également notre attention et requiert un certain travail auprès de nombreux résidants. Nous pouvons faire l’hypothèse que certains sont « insensibles » à la température vue leur tenue selon les saisons. Régulièrement et pour une majorité du groupe, nous les guidons dans la tenue à adopter avant d’aller à l’extérieur (mettre un pull, ou une écharpe en hiver, un couvre-chef en été, des chaussettes dans une paire de botte…).

    Des rappels réguliers sont nécessaires quant au changement du linge. Pour certains il est difficile de laisser partir leurs effets personnels en lingerie, à contrario, d’autres destinent quotidiennement au lavage des quantités de linge indifféremment propre ou sale. L’accompagnateur est là pour les guider.

    Les temps de toilette sont particuliers à chacun et l’accompagnant doit adapter son intervention en fonction du projet personnalisé de la personne.

    -          Les repas

     Lors des repas, les résidants de l’unité s’alimentent sans aide particulière (seul). Le rythme du petit-déjeuner est défini en fonction des contraintes collectives. Pour cela nous souhaitons que le petit-déjeuner s’étende jusqu’à 8h30 et que chacun puisse faire à son rythme sans que personne ne parasite ce moment important de la journée. Le petit déjeuner est pris à des temps différents, tout d’abord car les personnes accueillies ne se lèvent pas au même moment. Ensuite nous souhaitons respecter le rythme de chacun afin de favoriser un temps plus serein lors du levé.

    En ce qui concerne le déjeuner et le dîner, le service des cuisines de l’établissement adapte les repas aux besoins des personnes accueillies (par exemple, viande mixée dans les cas de problèmes de mastication ou de déglutition, compléments des menus dans le but de prévenir une prise de poids chez les personnes qui le nécessitent…). Le repas est un moment de convivialité, d’échange et de dialogue. Pour cela un aménagement spécifique des tables avec claustras a été mis en place il y a plusieurs années, pour favoriser des espaces plus réduits, intimes et conviviaux table par table.

    Aujourd’hui nous constatons qu’un climat positif est souvent présent sur le groupe à cet instant de la journée. Les missions de l’équipe d’accompagnement dans ces moments visent essentiellement à être attentif à ce que chacun adopte une tenue convenable lors des repas. Nos interventions sur ces temps empruntent souvent un caractère répétitif visant à obtenir des comportements, gestes ou attitudes adaptés, que ce soit pour couper les aliments , se servir de son pain et non de ses mains pour pousser les aliments, se servir de son couteau et sa fourchette (le plus longtemps possible tant que cela est faisable par le résidant), s’essuyer avec une serviette et non avec son pull, manger des quantités raisonnables.

    Nous sommes présents aussi pour rappeler les règles de conduite à avoir par rapport au respect des autres, de son corps, de la nourriture qui leur est préparé.

    -          Les tâches ménagères

    Les personnes accueillies sur le groupe participent aux tâches ménagères de la salle à manger à tour de rôle selon un planning établi. Actuellement confrontés au vieillissement des résidants accueillis sur l’unité, l’intervention plus soutenue de la femme de ménage est nécessaire notamment pour le nettoyage des parties communes. Ils entretiennent leur studio (réfection du lit, balayage et lavage du sol), mais certains présentent des difficultés à accomplir ces tâches ; l’intervention de l’éducateur et de la femme de ménage est alors nécessaire pour une stimulation voire une aide partielle. Toutefois, nous constatons que du fait d’un réveil difficile et donc plus tardif, il arrive que certains résidants manquent de temps pour tout accomplir avant 9h00. Dans ce cas, la femme de ménage termine ce qui n’a pas pu être fait.

    Notons qu’une personne handicapée vieillit plus rapidement, leur intervention concernant le ménage doit être réévaluée fréquemment afin d’ajuster leur degrés de participation à ces tâches. Le temps dont ils disposent pour réaliser ces tâches peut être revu à la hausse afin qu’elles soient effectuées selon leur rythme et correctement.

    -          Le coucher

    La prise en commun d’une tisane après le repas du soir par ceux qui le désirent permet de retarder l’heure du coucher et constitue un moment calme, d’échange, de transition pour la nuit et donc de préparation au sommeil.

    Cela permet aux résidants de se côtoyer dans une autre ambiance plus reposante, en pyjama et devant de nouvelles activités. Parfois ce moment peut apaiser les angoisses nocturnes de certains.

    -          Le sommeil

    Les résidants de l’unité dorment généralement bien. Un tour des chambres est réalisé avant l’arrivée de l’encadrant de nuit afin de vérifier ou d’aider la personne à être installé correctement pour la nuitée.

    L’équipe d’accompagnement porte une attention plus particulière aux personnes souffrant d’énurésie nocturne en veillant à ce qu’elles se rendent aux toilettes au moment du coucher. Toujours dans le but de prévenir les énurésies et pour favoriser le bien-être de ces personnes, les veilleurs de nuit peuvent être amenés à les solliciter une fois en milieu de nuit pour une miction, en accord avec eux.

    2-    Vie collective

     Les contraintes inhérentes à la vie en collectivité glissent souvent vers des relations conflictuelles sur cette unité. En effet les personnes accueillies présentent, en plus de leur vieillissement, des troubles du caractère et du comportement qui peuvent gêner la collectivité.

     

    Afin que la vie en collectivité soit la plus harmonieuse possible pour tous, un règlement de fonctionnement du groupe a été écrit par l’ensemble de l’équipe en collaboration avec les résidants, et signé pour approbation par tous.Ce règlement est affiché dans la salle à manger de l’unité de vie «Lou Pradou» afin que lors de tensions ou de différents entre deux personnes chacun puisse s’y référer.

    La première règle à adopter lorsqu’on vit en collectivité est le respect d’autrui. Ici l’accompagnant se pose en tiers qui balise et rappelle les codes et usages sociaux permettant ainsi à chacun de vivre en se référant à des valeurs communes.

    Lors de conflits, c’est l’éducateur présent sur le groupe qui intervient. Suivant la gravité de l’altercation, la personne accueillie peut-être vue en entretien dans un premier temps par son référent. Par la suite elle peut être « convoquée » dans le bureau du chef de service. Si le conflit a pris des proportions plus amples le résidant sera alors convoqué par le directeur de l’établissement.

    3-    Vie collective et intimité

    Chaque résidant à un studio privatif qu’il peut aménager avec son mobilier personnel, il peut investir cet espace, dans la mesure où il ne dégrade pas les supports.

     

    IV/ Evolution vers l’unité de personnes vieillissantes :

     

    Avec la population vieillissante accueillie sur l’unité de vie du «LOU PRADOU» nous avons pour missions de les accompagner dans cette étape de leur vie et de les diriger pour certain vers une structure plus adaptée.

    Nous réfléchissons avec eux de leur devenir pour leur fin de vie. Et nous abordons la question de « après la vie » ! Leurs souhaits sont pris en compte pour ceux qui peuvent le verbaliser et qui ont envie d’y réfléchir. Pour les autres nous essayons d’y réfléchir avec eux, avec leur tuteur ou leur famille, si celle-ci est encore présente, et en équipe.

     

     

    V/ Objectifs et moyens:

    Objectifs

    Moyens

    Maintien d’une autonomie optimale

    Stimulation dans les actes de la vie quotidienne

    Proposer des activités physiques adaptées (salle de sport)

    Travail avec les professionnels paramédicaux (masseurs-kinésithérapeutes…)

    Accompagnement personnalisé

    Projet personnalisé

    Notion de référence

    Ecoute bienveillante

    Déceler le vieillissement

    Grilles d’évaluation

    Prise en compte de la douleur, surveillance médicale accrue

    Mise en place de dossiers de suivi médical personnalisés

    Accompagnement aux divers rendez-vous médicaux

    Respecter le rythme de chacun, assouplir le mode de fonctionnement des ateliers

    Proposer un lever jusqu’à 8h00

    Temps libres

    Permettre qu’il y ait des temps de «relâchement» en atelier

    Maintenir les liens avec les familles

    Contacts téléphoniques, courriers, visites, soutien face à la perte d’un parent, aide au travail de deuil

    Socialisation

    Sorties libres ou accompagnées en ville ou au village, participation aux diverses manifestations, rendez-vous en ville (coiffeur, esthéticienne…)

    Faire du repas un moment d’échange et de convivialité, limiter les déplacements

    Réagencement des tables

    Plats adaptés au service de chaque tablée