POSITION FACE A LA MIXITE, LA SEXUALITE, LA PROCREATION

 

 

      Il est à souligner une caractéristique bien affirmée de cet établissement ; en effet, « les Tilleuls » accueille, depuis son ouverture, une population mixte.

      Prendre en charge dans un même établissement une population composée exclusivement d′hommes ou de femmes ne conduirait qu′à marginaliser un peu plus des personnes en difficulté avec le risque d′induire ou de renforcer une déviance affirmée, autrement dit, une homosexualité contrainte (et/ou refoulement) par les conditions d′accueil.
Cette orientation agrandit le champ de réflexion quant à l′accompagnement des personnes adultes handicapées, notamment dans la prise en compte de la vie affective et sexuelle des résidants...

      Nombreux sont les spécialistes qui clament que le risque des parents handicapés d′avoir des enfants ou des petits enfants handicapés est réel. Nombreuses sont également les enquêtes qui le prouvent. D′après les études menées par l′U.N.A.P.E.I. (extrait du mensuel « Panarama du médecin » - 9 novembre 1994 - N° 4103), les experts sont unanimes quant aux risques encourus par les enfants nés de parents handicapés :

      « Les risques de transmission de l′anomalie à la descendance sont de 50% pour la trisomie 21 ; pour le syndrome de l′X fragile, ils sont variables : les filles d′intelligence normale nées de parents handicapés mentaux sont susceptibles de transmettre aux générations futures l′anomalie provenant de leurs parents ».

      Si nous affirmons que la sexualité contribue au bon développement psychoaffectif de la personne et que cette dimension est à prendre en compte, nous prétendons que la procréation n′est pas souhaitable en notre établissement. Elle n′est pas souhaitable pour :

          - Les parents. En effet, comment les aider à apporter les éléments nécessaires au bon développement de la personnalité de leur enfant ?.. Comment surmonteront-ils leurs propres difficultés pour faire face à celles de leur enfant ?..
Comment les aider à gérer au mieux, sans s′immiscer pour autant dans leur relation de couple, l′éducation de leur enfant ?.. Quel environnement et quel avenir pourront-ils lui construire ?...

          - La femme. « Le vécu et la surveillance de la grossesse posent problème. La personne handicapée a du mal à comprendre ce qui se passe et à communiquer ». « La jeune handicapée mentale vit très mal les douleurs répétées des contractions utérines qui deviennent vite insupportables ; elles peuvent être source de terreur et d′agitation incontrôlable, dangereuse au moment de l′expulsion.. ». Extrait du mensuel médical « Panorama - 9 novembre 1994 ».

          - L′enfant. Lorsque l′on sait le risque génétique et sa forte probabilité, nous ne nous sentons ni le droit de faire prendre le risque à ces personnes adultes handicapées de mettre au monde un enfant handicapé, ni le droit de faire venir au monde un enfant dont la souffrance pourrait être égale, voire supérieure à celle de ses parents...
      Par conséquent, il nous apparaît plus opportun d′éviter (et même si cette décision nous est difficile car inhérente à l′essence même de l′être humain) le traumatisme lié à une naissance, tant pour les parents que pour l′enfant.
      Pour cela, différentes techniques contraceptives existent et peuvent être proposées en fonction de la gravité du handicap ou du risque génétique. Ces techniques, si elles permettent d′éviter une procréation (qui pourrait transmettre un handicap à l′enfant, soit de forme systématique - génétique -, soit de manière psychologique), doivent être proposées la plus humainement possible, autrement dit avec tact et diplomatie et force d′explication.
      Les moyens contraceptifs, utilisés par la population que nous accueillons actuellement revêtent plusieurs formes :

          - La "pilule" ;
          - Le préservatif ;
          - Le dispositif transdermique sous-cutané.

      D′une manière générale, chaque situation fait l′objet d′une réflexion d′équipe ; il n′apparaît pas possible, en effet, de systématiser une conduite à tenir face à un problème aussi humain. De plus, un suivi médical (pour lequel interviendront le médecin généraliste, le médecin psychiatre, des gynécologues et autres spécialistes) viendra compléter l′action d′accompagnement des équipes.

Les Maladies Sexuellement Transmissibles (M.S.T.)

      L′équipe, dans le cadre de sa mission, prend également soin de sensibiliser la population accueillie aux risques des maladies sexuellement transmissibles. Les informations, les explications données doivent encourager les résidants à se protéger, à utiliser des préservatifs.

      Cette démarche de l′équipe d′accompagnement auprès des hébergés de notre Foyer de Vie est déjà engagée et se renouvelle régulièrement, d′autant qu′une des caractéristiques de notre projet d′établissement revêt une dimension "socialisante", d′ouverture ; il est donc de notre devoir de "protéger" nos pensionnaires tant dans l′enceinte des murs qu′à l′extérieur…